Amelia Jones

« Le son de l’art »

Résumé : Cet exposé explore des performances où l’image et le son entrent explicitement en dialogue ou en tension dans l’expérience de l’œuvre, bien que le son ne soit souvent pas souligné ou analysé de façon explicite dans les exposés écrits qui en traitent, comme dans Becoming an Image, de Heather Cassils (2011-12) – une œuvre dans laquelle l’artiste bat un bloc d’argile massif uniquement illuminé par des flashes de lumière déclenchés par un photographe, ses grognements étant souvent les seuls éléments perceptibles pour faire l’expérience de ses gestes –, ou encore dans les performances de Nicole Blackman en 2005 – au sein desquelles le champ visuel est évacué et le son reste la seule composante, tandis qu’elle murmure des histoires dans l’oreille du visiteur dans une salle où il fait complètement noir. Pourquoi le son est-il si rarement pris en compte au sein des discussions qui abordent les modalités de l’art performatif? Que se passe-t-il lorsque l’on s’attarde au son comme élément clef dans l’échange inter-relationnel d’affects corporels et de sens dans les œuvres d’art vivantes?

Biographie : Amelia Jones est professeur et Grierson Chair en Visual Culture à l’université McGill et est actuellement professeure invitée et Robert A. Day Chair of Fine Arts à USC Roski School of Art and Design. Parmi ses publications récentes, on trouve des essais sur les histoires et les théories de l’art performatif, sur la théorie et l’art féministe queer, et sur la conservation féministe. En 2012, elle a publié Perform Repeat Record: Live Art in History, coédité par Adrian Heathfield, ainsi qu’un livre qu’elle signe seule, Seeing Differently: A History and Theory of Identification and the Visual Arts. Son exposition Material Traces: Time and the Gesture in Contemporary Art a été présentée en 2013 à la Leonard and Bina Ellen Gallery de l’université Concordia (Montréal).